Québec : Élections, le retour de l’obsession anti-immigration de PSPP

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C’était facile à prévoir: Un seul sondage défavorable et Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) nous ressort le discours de l’immigration comme cause universelle de tous nos problèmes. Cette fois, le grand nombre d’immigrants est responsable du nombre grandissant de classes modulaires.

S’il a raison de blâmer la CAQ, il fait fausse route lorsqu’il vise l’immigration. S’il y a de plus en plus de classes modulaires, c’est parce qu’on a laissé les infrastructures scolaires à l’abandon pendant des années.

Plus de la moitié des écoles publiques du Québec sont considérées en mauvais ou très mauvais état. Problèmes de ventilation, de chauffage, d’infiltrations d’eau, de moisissures. Des écoles sont tellement mal entretenues qu’elles sont devenues dangereuses pour les élèves. C’est la raison pour laquelle les classes temporaires se multiplient et que certaines deviennent permanentes.

Des élèves doivent être relocalisés. Par exemple, les 345 élèves de l’école primaire Saint-Fidèle du quartier Limoilou à Québec ont été relocalisés d’urgence en raison de fissures structurelles dans les fondations. J’imagine que ça aussi, c’est à cause de l’immigration?

Mais évidemment, l’entretien des infrastructures, ça excite moins les passions que l’immigration. En plus, si on reconnaît que le gouvernement du Québec est responsable de la situation désastreuse de nos écoles, on ne peut plus simplement blâmer le fédéral.

C’est devenu un réflexe pour le chef du PQ de blâmer l’immigration pour tous les problèmes du Québec. En rafale:

– La crise du logement: « Le facteur le plus important dans la crise du logement, c’est le choc démographique qu’on a connu dans les dix dernières années. Il y a pas de doute. » (Ici Première Saguenay-Lac-Saint-Jean, 9 octobre 2025)

(J’ai copié une seule citation, mais j’ai identifié une bonne dizaire d’occasions où PSPP a présenté l’immigration comme LA cause de la crise du logement. L’inaction du gouvernement et la spéculation immobilière n’y sont évidemment pour rien.)

– La hausse de la criminalité: « Oui, c’est lié à des changements démographiques, on ne peut pas le nier. On assiste à l’émergence de groupes criminels nouveaux qui amènent au Québec des techniques de criminalité plus agressives pour lesquelles, à l’évidence, on est mal adaptés. » (Journal de Québec, 30 juillet 2025)

– La détérioration du climat social: « Même chose lorsqu’on parle de l’enjeu du climat social, personne n’a intérêt à ce qu’il se dégrade comme on le voit notamment en ce moment en Europe, en raison justement de dérives idéologiques qui ont mené à l’absence complète de planification entourant les questions d’immigration et d’intégration. » (Vidéo partagée sur Facebook le 18 septembre 2025)

– La stagnation économique: « Il n’y a eu presque aucune croissance économique au cours des dernières années, et c’est dû à ce gouvernement libéral fédéral, qui est parti dans ses lubies idéologiques en amenant une vague d’immigration tellement soudaine et grande qu’essentiellement, pour faire une image, on a divisé la tarte, la même tarte, en des pointes plus petites, avec plus de personnes, mais on n’a pas été capables de générer de la croissance économique, on a été en adaptation à des changements migratoires. » (Discours à l’Assemblée nationale, 1er octobre 2025)

– La hausse de l’itinérance: « Et lorsque le ministre Marc Miller dit qu’il n’y a pas de problème parce que chaque immigrant va bâtir lui-même sa maison, c’est vraiment du délire. C’est une dérive idéologique qui a des conséquences réelles. C’est-à-dire que l’itinérance monte en flèche aux quatre coins du Québec, les logements ne sont plus abordables et il y a des conséquences sociales, l’appauvrissement des ménages parce que les loyers augmentent de manière incontrôlée. Tout ça pour des faussetés. Pour un courant idéologique. » (RDI, 17 janvier 2024)

– Le déclin du français: « Allez-vous demander les pleins pouvoirs en immigration, là? C’est une question de survie de la nation, de louisianisation. » (Point de presse, 3 juin 2025)

– La baisse du taux de natalité: « Notre réflexion peut peut-être aller plus loin dans le programme de 2026, mais c’est relié, parce que si nos seuils d’immigration sont trop élevés, il n’y a pas de logement, le logement coûte très cher, les gens sont étouffés au niveau du paiement de leur hypothèque et du loyer, est-ce qu’ils vont prendre la décision d’avoir un enfant ou un enfant de plus? Les deux sont reliés. » (Conférence de presse à l’Assemblée nationale, 28 octobre 2024)

– Récrudescence de l’homophobie dans les écoles: « Est-ce que le rapport à l’homosexualité qu’ont des membres de certaines communautés, dans le contexte d’une salle de classe issue à 90% de l’immigration, a pu jouer dans un cas comme celui-ci? » (10 septembre 2024)

– La montée de l’antisémitisme: « C’est dangereux ce qui se passe en ce moment. Parce que des dynamiques violentes à l’étranger peuvent rapidement devenir notre dynamique parce qu’on a saboté un modèle qui fonctionnait au niveau de l’immigration qui était fondé sur des critères, une marche à suivre. Il arrive un moment où rien ne va plus. Rien ne tient. Et on se retrouve avec une situation inimaginable où des Québécois de confession juive ou peut-être d’autres Québécois aussi voient leur sécurité menacée. » (Rebel News, 10 avril 2026)

Pourquoi toujours blâmer l’immigration? Parce que sinon, il froisserait ses alliés.

Il ne faudrait surtout pas blâmer les spéculateurs immobiliers et le libre-marché pour la crise du logement et de l’itinérance, la montée du conservatisme en général pour l’homophobie ou la misogynie, l’augmentation de la pauvreté pour la hausse de la criminalité ou encore le sous-financement de l’éducation pour le piètre état de nos écoles. Ça fâcherait la droite économique et la droite jambon de Radio X qui ne veulent qu’entendre parler de baisses d’impôts et du désengagement de l’État.

En terminant, j’aimerais rappeler que PSPP ne s’est jamais prononcé sur la possibilité d’expulser les demandeurs d’asile manu militari. Lorsque François Legault a demandé à Ottawa de déplacer de force 80 000 demandeurs d’asile du Québec vers d’autres provinces canadiennes, Plamondon n’a jamais voulu dire que l’idée était inacceptable.

Il s’est contenté de dire que ce n’était pas faisable dans le cadre canadien. Dans une entrevue à LCN le 3 octobre 2024, Emmanuelle Latraverse lui a demandé à trois reprises s’il était d’accord avec le principe. Trois fois, il a refusé de répondre. Plamondon rêve-t-il d’un ICE québécois? Impossible de le savoir.

Voilà l’homme qui va nous rassembler pour créer un nouveau pays. Ça fait rêver!

Par Alexandre Dumas

 

Norbass
Author: Norbass

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