Québec : des policiers enquêtés pour des gestes racistes et haineux

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Quatorze policiers du poste 39 de Montréal-Nord font l’objet d’une enquête pour des gestes racistes et haineux qui auraient été commis envers des personnes noires et arabes lors d’interpellations, a appris Radio-Canada.

S’ils sont tous suspendus, certains pourraient faire face à des accusations de voies de fait, d’agressions armées et de crimes haineux.

Les gestes qui sont reprochés à ces policiers donnent froid dans le dos. Certains agents auraient entre autres collectionné des bouts de tresses de cheveux rasta (communément appelés dreadlocks), coupées sur la tête de personnes interpellées. Un peu comme un scalp, nous a confié une source policière, qui s’est dite profondément dégoûtée par les gestes allégués.

Des contraventions auraient également été distribuées à des citoyens sur la seule base de leur appartenance ethnique.

Selon nos informations, au moins deux sergents et une dizaine de patrouilleurs sont visés par ces mesures disciplinaires. Ils ont tous été relevés de leurs fonctions vendredi soir, vers 22 h. Ils ont été désarmés et il leur est interdit de communiquer avec tout résident de Montréal-Nord.

Ils seront contactés dans les prochains jours par leur employeur. Certains pourraient être réaffectés à des tâches administratives.

La Division des normes professionnelles du SPVM a rapidement mis dans le coup le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui examine la possibilité de déposer des accusations criminelles.

Ce seraient d’autres policiers du poste 39, indignés de la conduite de leurs collègues, qui les auraient dénoncés, ne voulant pas être associés à ces gestes haineux. Une enquête interne a été déclenchée il y a un peu plus de deux mois.

Un poste névralgique

Situé dans l’arrondissement de Montréal-Nord, le poste de quartier 39 est névralgique dans la métropole.

Les tensions entre la police et des membres de communautés culturelles ont mené à plusieurs événements violents dans les dernières décennies, notamment les émeutes après la mort de Freddy Villanueva en 2008, ou encore plus récemment, les manifestations pour dénoncer la mort d’Abisay Cruz, décédé alors qu’il était maîtrisé par des policiers en mars 2025.

La suspension simultanée d’autant de policiers pour des gestes de la sorte est sans précédent au SPVM.

Rappelons que ces allégations contre ces policiers n’ont pas subi le test des tribunaux et ils bénéficient de la présomption d’innocence.

 Source : Radio Canada

 

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