Québec : Communauté Afro, un seul salaire de suffit plus

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Selon l’Institut de la statistique du Québec, de plus en plus de Québécois travaillent après 65 ans. Le taux d’emploi des 65 à 69 ans est passé de 17 % à 26 % en dix ans.

Il y a dix ans, à peine une personne sur six de ce groupe d’âge était encore active sur le marché du travail. Aujourd’hui, c’est plus d’une sur quatre. En une décennie, la proportion a presque doublé.

Comment nous, qui sommes venus chercher une meilleure qualité de vie, devrions-nous interpréter ces chiffres ?

Ce n’est pas juste une statistique, c’est un signal qu’on ne doit pas prendre à la légère. On pourrait penser que ces personnes travaillent par choix, pour rester actives ou occupées. Mais pour un nombre grandissant d’entre elles, c’est devenu une question de survie financière, dans un contexte où le coût de la vie augmente plus vite que les économies accumulées durant toute une carrière.

Ce qui frappe surtout, c’est que ces personnes ont, pour la plupart, travaillé toute leur vie, cotisé, épargné, suivi les règles du jeu telles qu’on nous les a présentées : études, emploi stable, retraite à 65 ans. Et malgré ça, un emploi de longue carrière ne suffit plus toujours à garantir une retraite sereine.

Pour la communauté Afro-Canadienne, ce constat devrait résonner particulièrement fort. Beaucoup sont arrivés ici avec l’objectif de bâtir une stabilité financière durable, souvent en misant sur un seul revenu d’emploi.

Si même des Québécois nés ici, avec des décennies d’ancienneté, se retrouvent à devoir retourner travailler après 65 ans, ça devrait nous pousser à revoir dès maintenant notre propre planification financière au Canada.

Pour plusieurs d’entre vous, ce constat ne vous parle peut-être pas, parce que vous prévoyez prendre votre retraite dans vos pays respectifs. Mais qui nous dit que l’offre et la demande, dans les prochaines années, ne feront pas exploser les prix dans les pays africains et des Antilles ?

En effet, plusieurs d’entre nous, sortis de nos pays d’origine, voudrions dans la grande majorité du temps rentrer chez nous pour nos vieux jours. Mais ce qu’on oublie, c’est que nos pays d’origine sont autant sollicités par les Occidentaux que nous pour une meilleure qualité de vie.

Ce phénomène, déjà bien documenté dans des villes comme Dakar, Abidjan ou Marrakech, où l’arrivée d’expatriés et d’investisseurs étrangers a fait grimper le prix de l’immobilier et du coût de la vie, pourrait faire en sorte que les prix auxquels nous étions habitués ne soient plus les mêmes avec le temps.

Autrement dit, que l’on choisisse de vieillir ici ou de retourner au pays, la même logique financière s’applique : le coût de la vie augmente des deux côtés. Tout ceci pour dire qu’un seul salaire, aussi bon soit-il, ne suffit plus à lui seul pour garantir une retraite confortable.

Développer une deuxième source de revenu, plus particulièrement des revenus récurrents, n’est plus une option mais une obligation. Il faudrait donc arrêter de se séduire avec son salaire, « le temps supplémentaire », et se dire que l’on est dans le succès au Canada.

Par LafroCanadien

Norbass
Author: Norbass

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